À l’instant où j’ai perdu la vue, j’ai retrouvé la lumière intacte au fond de moi. Je n’ai pas eu à me rappeler ce qu’elle était pour mes yeux, à veiller sur son souvenir : elle était là, dans mon esprit et dans mon corps. Elle y était inscrite dans sa totalité. La lumière était là, accompagnée de toutes les formes visibles, couleurs, lignes, douée de ce pouvoir qu’elle a dans le monde des yeux, celui de grandir et de décroître, de se déplacer.
Je le répète : l’expérience qui m’était donnée n’était pas celle d’un souvenir. Cette lumière que je continuais de voir sans mes yeux, c’était la même qu’autrefois. Mais ma position par rapport à elle avait changé : j’étais plus proche de sa source.
Nous voilà loin de la « nuit » dont parle l’opinion commune. Dans la tête d’un aveugle, ce qu’il y a, c’est encore la lumière. Faut-il dire dans sa tête ? Faut-il dire dans son cœur ? »
Extrait de : « La lumière dans les ténèbres » |
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