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Métamorphose de l’attitude dans la vie
« Maintenant que nous avons découvert le parallélisme entre les principes de base de la vie des plantes et de la vie de l’homme, nous pouvons appliquer à la vie humaine la manière de penser que nous avons développée pour les plantes et faire de ces principes des lignes directrices plus précises pour examiner et saisir celle-ci.
Nous pouvons placer à côté du type de croissance l’attitude de l’homme dans la vie et les comparer.
La tendance verticale se manifeste chez l’homme comme ce qui le pousse à déterminer les choses à partir de soi, en voulant, ou à élaborer les choses en pensant, pour se les approprier. La tendance périphérique devient chez l’homme ce qui pousse à s’abandonner à l’environnement en éprouvant et en ressentant. L’homme doit à la verticale de pouvoir se placer dans le monde comme un être autonome. Grâce à la périphérie, il peut prendre en lui le monde et l’élaborer pour en faire son contenu propre.
1. Le type plante herbacée présente un parfait équilibre entre verticale et périphérie.
Si on rapporte cela à l’homme, on a affaire à un type chez lequel l’« instinct sensible » et l’« instinct formel » sont en parfait équilibre.
2. Chez le type arbre, c’est la verticale qui prédomine, alors que la périphérie la suit et la sert.
Si on applique ceci à l’homme, cela signifie que l’instinct formel a une action si puissante que l’individu est conduit à s’élever vers la grandeur et la puissance. L’instinct sensible accompagne fortement cette action, si bien que tout ce que la vie peut apporter comme expérience est accueilli et transformé avec énergie. Grâce à ce qui est conquis ainsi, un tel être peut pénétrer à nouveau son environnement et lui donner forme.
3. Dans le type plante grimpante, c’est la périphérie qui prédomine, alors que la verticale la suit et la sert.
Un homme qui se comporte de cette façon se laisse entièrement mener par les influences qui viennent du domaine de l’instinct sensible. L’instinct formel est utilisé pour s’ouvrir une voie dans ce domaine. Un tel homme est ainsi entièrement tourné vers son environnement et essaie de s’y insérer. Son problème majeur est celui-ci : jusqu’où puis-je aller si je m’adapte à l’extrême ?
4. Chez le type conifère, la verticale prédomine tellement qu’elle opprime la périphérie et poursuit ses effets même là où devraient se manifester les effets de la périphérie.
Chez un homme qui se comporte ainsi, l’instinct formel exerce une action unilatérale, au point qu’il veut se déterminer lui-même de manière entièrement indépendante des circonstances. Quoi qu’il rencontre, il montrera toujours la même image calme. Quand il agit, il va suivre -infailliblement une direction déterminée une fois pour toutes. L’influence de l’instinct sensible est minime. On ne peut pratiquement pas parler d’adaptation. Cela ne signifie pas qu’il n’accepte rien de ce qui vient du monde. Peut-être ce qu’il accepte représente-t-il peu de chose, mais il le transforme alors très intensément. Tout le poids de la personnalité joue un rôle même dans l’intégration d’expériences simples. Ce n’est que lorsque cette élaboration est entièrement terminée, quand l’expérience est entièrement devenue substance propre, qu’on le voit réagir. Et cette réaction extérieure part, elle aussi, des profondeurs de la personnalité.
5. La périphérie prédomine si fortement dans le type cactus qu’elle opprime la verticale et s’impose à sa place. Chez un homme qui se comporte ainsi, le sentiment qu’il a de lui-même n’est pas relié à son être profond, mais dépend de son rapport avec le monde extérieur. L’instinct formel est si faible que l’on ne peut pas voir se manifester une bien grande impulsion à évoluer, et que tout ce qui est assimilé reste relativement peu élaboré. Étant donné que l’instinct sensible domine, la vie entière est principalement constituée de l’aspiration à ressembler le plus possible à l’environnement et à se l’approprier autant que possible. On prend le monde tel qu’il est, et ce qu’on parvient à posséder, on fera tout pour le conserver.
6. Chez le type buisson, la verticale s’élance en quelque sorte au point de dépasser son but, alors que la périphérie demeure plus ou moins en retrait. Les tiges, porteuses du principe vertical, dirigent même leurs pousses en direction de la périphérie.
Chez l’homme qui vit ainsi, l’instinct formel se dirige en premier lieu vers l’environnement. L’intérêt s’oriente peu vers l’élaboration de ce que l’on doit à l’instinct sensible en provenance de l’environnement. Cela signifie qu’un tel homme se sent poussé à intervenir violemment dans le monde qui l’entoure et à y amener des changements, sans que ses actes soient suffisamment motivés ou suffisamment adaptés au monde ambiant. Les sensations, qui ne sont que peu transformées par la pensée, s’expriment directement dans des impulsions de la volonté, où se manifeste tout le poids de la personnalité. Là où devrait régner la réceptivité, il n’y a qu’activité. Il n’y a aucun abandon.
7. Chez le type herbes alpines, la verticale fait montre d’une faible vitalité dans la formation de la tige. Sa force est dans une certaine mesure absorbée par la périphérie, qui manifeste un développement d’une rapidité impétueuse.
Un homme qui a ce style de vie se laisse encore une fois complètement mener par le monde environnant, mais ne recherche pas tant ce qui fait partie des choses habituelles du quotidien que ce qui justifie l’abandon au dévouement le plus extrême. La personnalité complète ne s’exprime pleinement que dans une émotion intense. Il ne reste plus de force pour donner forme à la vie à partir de ce qui vient de soi. »
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