Le langage imagé du zodiaque
Une approche phénoménologique de l’astrologie
de Frits Julius
Éditions Triades

Broché - 225 pages

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2007

Traducteur :
Michel Decouche
Thème :
Nature et science
20 €

Les images grandioses des douze signes du zodiaque sont issues d’une époque où les hommes percevaient encore directement les forces spirituelles actives dans l’univers et dans l’homme. Notre conscience moderne, qui s’est coupée du cosmos et ne vit plus que dans des idées abstraites, n’a plus accès à ce langage cosmique.

Frits Julius, en développant une phénoménologie des animaux, nous aide à retrouver les forces psychiques fondamentales qui les habitent.

Images du zodiaque et développement actuel de la conscience humaine
Différence caractéristiques entre l’homme et l’animal
Relation Terre-Soleil dans le cycle annuel
Image de la vie des êtres du zodiaque
Le zodiaque, toile de fond de l’existence humaine
Le cercle zodiacal et l’art de donner forme à sa vie
Constellation solaire et caractère humain
Ordre cosmique et communauté humaine

LE SCORPION

« Pendant la période du 22 octobre au 22 novembre, le Soleil plonge et demeure la majeure partie du temps sous la ligne d’horizon ; malgré tout, il continue à descendre. Son activité lumineuse a faibli, mais continue à décroître. Il n’émane de lui pratiquement aucune force éveillant la vie. Dans la nature, les dernières feuilles tombent, les bourgeons des futures feuilles ne montrent guère d’impulsion à s’épanouir.

Le scorpion est un animal qui fuit le plus possible la lumière. De jour, il se cache dans des fentes et des cavités sombres et peut nous réserver des surprises désagréables. Dans les pays chauds, il arrive qu’en se mettant au lit l’on ressente soudain une douleur cuisante : un scorpion a pris le lit pour une bonne cachette. Voilà un trait typique du scorpion : inopinément et avant qu’on puisse trouver une riposte adéquate, on est victime d’une agression violente. Le scorpion attend la tombée de la nuit pour se glisser hors de sa cachette. En fait, il se camoufle en permanence, même lorsqu’il sort chasser. Pour se déplacer, il se sert de deux pinces similaires à celles d’un petit crabe ; parfois il dirige vers l’arrière sa longue queue segmentée, portant un dard à son extrémité, mais, la plupart du temps, il la dresse, menaçante, au-dessus de sa tête, afin d’être toujours prêt à attaquer, à piquer. Il est capable de tuer les araignées et les insectes les plus gros sans courir le moindre danger. Il se sert de ses pinces pour écraser contre le sol la tête de l’ennemi qu’il assaille, privant sa proie de toute défense ; puis en maintenant une distance de sécurité, de son dard, il tâte tranquillement le corps pour y chercher le point faible. Après quelques tressaillements, c’en est fait : alors, il se met à dévorer sa victime, lentement et méthodiquement. Pour l’homme, la piqûre du scorpion est très douloureuse et même parfois dangereuse ; dans tous les cas, elle a des conséquences désagréables.

Ainsi, le scorpion est-il un être pétri de contradictions, à l’image du Soleil de novembre. Il vit avec l’intention visible de démontrer dans toute la mesure du possible la puissance de la mort. En général, l’eau possède une force qui éveille la vie ; à l’inverse, le liquide aqueux qu’emploient les scorpions est une arme mortelle.

Il faut noter à ce propos que revient toujours l’assertion surprenante que les scorpions se suicident lorsqu’on les place dans un cercle de feu. Quelqu’un racontait un jour qu’il avait tenu captif un scorpion dans l’obscurité, enfermé dans une fiole. Lorsqu’il s’approchait de lui avec une lampe de forte puissance, le scorpion dirigeait le dard contre son propre corps ; lorsqu’il éloignait la lampe, le dard s’écartait. Mais si la lampe était approchée très près et y était maintenue, le scorpion se tuait pour de bon. Celui qui rapporte cette histoire avait tenté l’expérience à plusieurs reprises. On voit ici toute la problématique du scorpion : la vie qui se tue elle-même et, de surcroît, par crainte de la lumière.

Il est parfois très frappant de constater qu’il suffit de peu de chose pour recueillir une impression profonde lorsqu’on se consacre à certaines questions, et qu’il est bon de bâtir sur cette impression. Ainsi m’est-il arrivé jadis, au cours d’un voyage en Italie, qu’en ouvrant une porte, un petit scorpion me tombât sur la main. D’un seul coup, il m’apparut combien cet être est accoutumé à s’aplatir sur le sol, les pattes écartées de chaque côté, les pinces et la queue raides. Pour un être qui vit dans d’étroites crevasses, voilà, bien sûr, un excellent moyen de s’adapter à son milieu. Mais c’est aussi une attitude très caractéristique, surtout si l’on compare le scorpion à l’aigle et au taureau, ce que nous ferons dans un instant d’une manière détaillée.

Il est très impressionnant d’observer avec quelle sollicitude les scorpions entourent leur progéniture. La femelle s’occupe avec un grand dévouement de ses petits. Pendant plusieurs semaines, elle les porte sur son dos ; durant ce temps, elle ne fait aucun usage de son dard et se prive donc de nourriture. On trouve dans les fameux Souvenirs entomologiques de Jean Henri Fabre une magnifique description de ces particularités, assortie de bien d’autres détails sur les mœurs des scorpions. »