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Nervosité et maladies virales

Par le D. Zur Linden

Nervosité et maladies virales

Docteur ZUR LINDEN

Revue Triades, X, 3, 1962

 

Les peuples civilisés sont de plus en plus victimes d’un état maladif qu’on peut appeler « nervosité ». Le médecin consciencieux n’aimait pas jusqu’à présent ce mot, car ce diagnostic lui semblait trop imprécis. Nous verrons cependant qu’il repose sur une réalité qu’on peut définir avec exactitude. Pour mieux reconnaître le mal, regardons d’abord les effets qui se manifestent chez les peuplades vivant à l’état naturel, lorsqu’elles sont mises en contact avec les bienfaits douteux de la civilisation. Un dentiste américain, Weston A. Price, entreprit un beau jour un voyage autour du monde pour voir si l’on pouvait encore trouver sur terre des hommes vraiment sains. Sa foi en la valeur du progrès de notre civilisation avait été fortement ébranlée par son expérience acquise au contact de la clientèle. L humanité lui paraissait se livrer à une sorte de joyeuse partie de barque, sans se douter qu’elle était entraînée vers la chute d’eau toute proche.

Pendant dix ans, Price parcourt donc le monde, du cercle polaire aux tropiques, mais il ne trouve que très peu d’hommes vraiment sains. Ses observations lui font reconnaître que partout où les peuples « primitifs », vivant naturellement, passent de leur nourriture traditionnelle à l’alimentation civilisée, avec sa farine blanche, son sucre industriel et ses conserves, une chute effrayante de l’état sanitaire se produit en peu d’années, sinon en quelques mois : on le voit en particulier au progrès des caries dentaires et au changement de forme des mâchoires. Price sait qu’il ne décèle ainsi que des signes superficiels d’une dégénérescence plus grave affectant l’être humain tout entier et le conduisant même à une dégradation morale.

Les observations méticuleuses d’un médecin de valeur révèlent donc que les effets de notre nourriture de civilisés ne se limitent pas seulement à des troubles digestions ou autres, mais s’attaquent à tout notre corps physique, en particulier là où il est le plus dur, à savoir le squelette et les dents.

Chez les peuples qui ont derrière eux des siècles de civilisation ces symptômes sont moins clairs et se manifestent moins rapidement. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’âge atomique a contribué à accélérer encore le déclin de notre santé. Le détestable optimisme de commande manifesté par de nombreux tenants de la chimiothérapie, par une médecine compromise dans un courant trop exclusivement scientifique, ne change rien à cette situation. Il suffit de penser à la dégénérescence croissante de la dentition qui apparaît chez les enfants dès l’âge scolaire.

Mais qu’ont à faire ensemble mauvaise dentition et nervosité ? Ne sont-ils pas peut-être les effets d’une même cause ?

Symptômes de la Nervosité

Les nourrissons nerveux ont le sommeil léger. Ils sont particulièrement émotifs et sensibles au contact d’excitations sensorielles. Ils ne s’épanouissent pas « d’eux-mêmes » comme des enfants sains, mais nécessitent des soins attentifs et une nourriture particulière. Plus tard, ces enfants se distinguent par une agitation motrice et un manque de concentration aussi bien pendant la récréation qu’en classe. On remarque leur teint pâle, leur facilité à se fatiguer, la faiblesse de leur mémoire et une excitabilité générale. Souvent il faut y ajouter des complexes moraux et des angoisses dans le domaine psychique.

Les adultes nerveux se plaignent de la rapidité avec laquelle leurs forces s’épuisent; ils manquent de mémoire et dorment mal, bien qu’ils soient très fatigués. Ils ont constamment conscience de leur corps, par exemple de la pulsation du sang, des battements de leur cœur, de maux d’estomac ou de tête, etc …

L’analyse de ces symptômes de la nervosité montre que le système ne fonctionne pas correctement et qu’il ne remplit pas son vrai rôle. Le sommeil ne produit pas d’amélioration, car le nerveux est souvent plus fatigué le matin que le soir. Alors que les activités nerveuses devraient fonctionner normalement dans l’organisme à notre insu, le sujet nerveux est à l’écoute de ses nerfs. Il se met au travail sans entrain et il essaye de venir à bout de la fatigue à coup de café, de cigarettes ou de tablettes.

Mais l’excitabilité ne peut à la longue être contenue ; le malade souffre de plus en plus, en particulier des bruits mécaniques et de la tension qu’il rencontre chez les autres hommes.

En principe, le travail excessif imposé au système nerveux devrait être compensé par l’activité du sang et des échanges nutritifs pendant le sommeil nocturne. Les cellules de notre système nerveux ne se fatiguent pas seulement en raison du phénomène de conscience, épuisement souvent compare à celui d’une batterie d’accumulateurs. Mais on est en présence de véritables réactions de décomposition qu’a signalées Rudolf Steiner : « Effectivement, le fait de penser dans la vie cour ante, provoque une destruction du système nerveux central, une authentique destruction qui est réparée par le sommeil. » Avec plus de précision encore, il dit ailleurs : « Dans le tissu nerveux, c’est l’albumine qui se décompose.

Autant que je sache il n’existe pas encore dans l’enseignement officiel une physiologie de la conscience, mais les anatomistes ont trouvé que des mouvements d’humeur très violents s’accompagnent de modifications des cellules du cerveau qui peuvent aller jusqu’à la dégénérescence.

Les remarquables travaux des virologues nous renseignent mieux aujourd’hui sur cette décomposition de l’albumine dans le système nerveux. il s’agit d’une « mise en pièces » chaque jour renouvelée des constituants de l’albumine contenue dans les cellules nerveuses. Cette décomposition s’accompagne d’une disparition de la « structure » au profit d’un nouvel « état naissant. »

L’activité nocturne du métabolisme n’est donc pas destinée seulement à réparer des forces défaillantes ; elle entreprend une véritable reconstruction de la substance d’albumine dans les cellules nerveuses. D’ailleurs, un simple apport de forces ne serait pas concevable ; en effet, les forces du métabolisme sont d’une tout autre nature que celles du système nerveux.

Si l’on se figure cette régénération très concrètement, on réalise immédiatement L’importance d’une alimentation correcte ; car sans les précieux constituants minéraux, sans les vitamines, etc., une reconstruction des cellules nerveuses n’est pas possible. A ce point de vue, la flore bactérienne de l’intestin joue un rôle important.

Rudolf Steiner n’a pas hésité à appeler les choses par leur nom : il dit dans un cours adressé aux médecins (1920) : «Nous ne serions pas des êtres humains pensants si nous n’empruntions chaque jour leurs forces aux bactéries de notre intestin. » Cette affirmation choquante au premier abord de la part d’un investigateur de l’esprit, doit conduire notre attention vers le monde des microbes, des bactéries et des virus.

Cette flore bactérienne intestinale est, comme le dit Rudolf Steiner, très importante pour notre aptitude à penser. Plusieurs millions de bactéries sont éliminées par les selles1 mais après nous avoir donné leurs forces. La physiologie sait que les bactéries intestinales nous aident à digérer et produisent entre antres la vitamine B1 indispensable au fonctionnement du système nerveux. Il est donc nécessaire d’éviter d’introduire par les aliments et les médicaments les substances nuisibles à ces indispensables bactéries intestinales. Rudolf Steiner n ‘a pas parlé directement des virus, bien qu’ils aient pris pour l’homme moderne une importance énorme : il est vrai qu’ils n’ont été découverts qu’à l’aide du microscope électronique.

Les recherches sur la virologie et leurs résultats

On a su depuis lors qu’en plus de la flore bactérienne normale, située dans l’intestin et sur toutes les muqueuses du corps, on trouve aussi une « flore de virus » tout à fait normale dans le système nerveux. Cette découverte a évidemment influencé les travaux de virologie, mais il semble qu’on ne soit pas encore disposé à tirer les conséquences de cette idée révolutionnaire.

L’hypothèse suivante s’y relie : les virus n’ont pas besoin de pénétrer, par infection, dans l’organisme du malade. Ils y apparaissent spontanément ; ils sont le résultat de l’état maladif, et non, ainsi qu’on pourrait le croire, la cause du désordre organique. Sans ce désordre initial, les virus ne seraient pas apparus.

La formation spontanée des virus, et même des bactéries, n’est plus si étrangère à l’esprit d’un certain nombre de savants. C’est ainsi que par leurs travaux, les deux prix Nobel A. Komberg et .S. Ochoa y ont apporté une contribution importante en étudiant la composition chimique des virus : ils ont trouvé qu’ils sont faits essentiellement d’une substance albuminoïde, l’acide désoxyribonucléique (ADN). Sans cette substance ou d’autres semblables, il ne peut y avoir dans le règne vivant ni hérédité, ni croissance cellulaire.

Si l’on introduit un virus dans une cellule, au bout de trois heures le noyau cellulaire se décompose en un grand nombre d’autres virus. Mais la condition nécessaire est toujours qu’au départ la cellule soit altérée d’une manière ou d’une autre, donc ne soit plus saine.

Ainsi, les virus attaquent le noyau, les bactéries le reste de la cellule (cytoplasme). Chaque cellule présente ainsi, tout comme l’organisme entier, la polarité bien connue. Ici le noyau correspond à la tête et le cytoplasme au système des échanges.

A l’instar du grand organisme, ce petit organisme qu’est la cellule peut être soumis à une perturbation affectant le rapport de cette polarité : noyau – cytoplasme.

Ce qui est étonnant, c’est justement qu’on soit arrivé à constater, en virologie, que les albumines des noyaux, des virus et aussi des gènes, porteurs des qualités héréditaires, sont de nature identique. Cette connaissance va, semble-t-il, corriger de plusieurs manières notre vue des choses. Essayons d indiquer au moins l’amorce de ces nouveaux rapports.

Dans l’intestin de mammifères ayant vécu voici 50 millions d’années environ, des paléontologues américains ont récemment trouvé des bactéries semblables à celles que nous connaissons. On peut donc admettre d’après ces résultats, et d’après les recherches de Rudolf Steiner dans le domaine de la science spirituelle, que les bactéries ont accompagné et influencé l’évolution de l’espèce humaine ainsi que celle des règnes naturels, des le début de création physique. Aucun processus vivant n’est possible sans la collaboration de bactéries. Les virus eux aussi semblent ne pouvoir être éliminés de l’évolution de l’homme et des règnes naturels, tout au moins à partir du temps où se sont des perceptions sensorielles et des activités conscientes chez l’être humain.

On trouve donc dès le début ces deux « règnes » : bactéries et virus. Et tous deux ont un trait commun et caractéristique : ils n’ont pas suivi une évolution vers des tissus compliqués, hautement organisés, comme l’ont fait les êtres autour d’eux : ils en sont au contraire restés au stade d’évolution qui leur a été propre de tout temps.

Il importe de remarquer qu’ils forment ainsi des éléments (ou des facteurs) normaux et stables d’évolution et qu’ils ne sont pas nuisibles ou générateurs de maladies. Ils s’intègrent bien plus dans un ordre soit macrocosmique, soit microcosmique. Seul l’homme s’est réservé la possibilité de perturber cet ordre jusqu’en ses fondements.

Les « épidémies bactériennes » des temps passés (peste, choléra, dysenterie, malaria, maladie du sommeil) ont pu être maîtrisées par une meilleure hygiène, par l’assèchement des marais etc … La campagne de destruction chimique a pu remporter certains succès très partiels : un bilan exact tenant compte de tous les facteurs donnerait probablement un résultat négatif. Cela est évident depuis longtemps dans le cas de la lutte contre les parasites en agriculture ; pour la santé humaine, on manque encore jusqu’ici de données complètes. On devrait par exemple s’efforcer de savoir quels effets la destruction des bactéries est susceptible de produire sur la prolifération de nouveaux virus jusqu’ici inconnus.

 

L’antagonisme des virus et des bactéries

Mais l’un des points les moins bien explorés jusqu’à maintenant en virologie est, autant que je sache, l’antagonisme des virus et des bactéries.

Très différents des bactéries, les virus ne sont pas des organismes, ni même des êtres vivants. Leur degré d’évolution les situe entre Les plantes et les minéraux, tandis que les bactéries se placent entre les animaux et les plantes. Les virus sont incapables de se reproduire par eux-mêmes. Ils apparaissent, comme nous l’avons montré ailleurs spontanément dans l’organisme malade.

Voici comment on peut se représenter le mécanisme de leur multiplication :

On a vu que la substance chimique des virus est identique à celle des cellules, et on a parlé de la décomposition de l’albumine des nerfs au cours de l’acte de penser. Lorsque ce système nerveux est fortement mis à contribution, cette décomposition est si intense que les réactions du sang et du métabolisme ne parviennent plus à régénérer, à réorganiser complétement au cours de la nuit cette albumine détruite au cours de la journée. Les restes non résorbés de cette dégradation s’accumulent chaque jour chez les êtres humains sujets à l’insomnie et à la nervosité. Même une nuit obtenue à coup de somnifères ne produit qu’une régénération incomplète. Les résidus constituent le matériau à partir duquel les virus se forment et se multiplient avec une grande rapidité.

Suivons maintenant le processus qui permet de comprendre l’apparition de nouveaux virus. La nervosité, marquant l’homme de notre civilisation d’une dégénérescence rapide de ses cellules nerveuses constitue une condition préalable, partant la vraie cause des maladies à virus. Cela nous permet de mieux comprendre les symptômes de la nervosité. La décomposition ou la régénération incomplète de l’albumine nerveuse laisse le malade abattu dès le matin : il s’éveille épuisé et se plaint de tous ses maux. Le pôle nerveux subit une dégénérescence croissante et le système métabolique, affaibli en outre par une nourriture de mauvaise qualité n’est plus capable d’effectuer les réparations nécessaires.

La maladie n’apparaît pas à la suite d’une infection par virus, ou du moins un apport extérieur de virus n’est pas fatalement nécessaire. La maladie se situe d’abord, dans une phase « pré-somatique », au niveau des relations entre l’âme spirituelle et le corps. Ce stade n’est pas encore décelable au seul niveau du corps. Mais c’est là que commence, en fait dans les cellules, une décomposition de l’albumine qui va ensuite se modifier d’une manière spécifique pour chaque maladie. Des virus spécifiques apparaissent alors, dont la multiplication rapide aboutit à la destruction de cellules de plus en plus nombreuses, à la condition que celles-ci aient été perturbées au cours de la phase pré-somatique.

La « nervosité » de l’homme civilisé crée ainsi les conditions favorables à la multiplication des virus. La flore de virus apparue chaque jour, résorbée chaque nuit, autrement dit l’albumine des nerfs, « mise en pièces » par l’activité consciente, puis régénérée la nuit suivante par le métabolisme, ne reste normale que si ce métabolisme parvient à accomplir son œuvre de reconstruction. S’il subsiste des déchets de l’albumine détruite dans le système nerveux, les virus ont la possibilité de s’y multiplier en grand nombre.

A l’inverse des bactéries, les virus ne provoquent pas de dommages par une production de toxines, mais uniquement par leur prolifération. Les dernières études montrent que ces réactions s’effectuent avec une grande rapidité et toute pensée statique est incapable de les saisir.

Sans « nervosité », pas de troubles dans les cellules, et, sans ces troubles, pas d’apparition ou de multiplication des virus. Cette multiplication des virus aux dépens des cellules de notre corps, est par conséquent une suite d’un état pré-morbide : elle déclanche à son tour le processus qui attaque les cellules et aboutit au stade final de destruction de ces cellules, stade qui est, par erreur, considéré comme étant toute la maladie !

Les bactéries et les virus appartiennent à l’évolution des règnes naturels. Facteurs d’évolution introduits par le Créateur, ils ne sont en eux-mêmes ni bons ni mauvais. C’est l’homme qui en a fait en apparence ses ennemis. Espérons que jamais on ne parviendra à trouver un antibiotique contre les virus ! Les suites d’une telle découverte seraient bien plus dangereuses que la tentative d’anéantir les bactéries par des moyens chimiques. Comme les virus n’ont pas de métabolisme ni de respiration, on peut prévoir a priori qu’il sera bien difficile de’ les combattre par des agents médicamenteux. L’existence de ces virus nous oblige à modifier notre façon de penser, car il faut reconnaître qu’ils nous posent des problèmes tout nouveaux. Les faits eux-mêmes montrent que le but d’une guérison ne sera jamais d’anéantir les facteurs de la maladie. Il faut envisager l’homme dans sa totalité ; chez lui, la maladie résulte d’une rupture dans l’harmonie des liens qui unissent très concrètement le corps et la vie, à l’âme et à l’esprit.

Il est très probable que les idées exposées ici devront par la suite être à leur tour corrigées. Mais la conception fondamentale du lien entre la nervosité de l’homme civilisé et l’apparition de tant de nouvelles maladies à virus me semble bien conforme à la réalité. Entre temps, elle a montré sa fécondité. On a découvert tout récemment que les idées reçues jusqu’alors sur le monde des infiniment petits (bactéries, virus spirilles, etc.) qui peuplent la peau et les muqueuses de l’homme, étaient absolument insuffisantes.

En fait, le nombre absolu et le nombre des espèces de ces microbes est beaucoup plus grand qu’on ne l’a imaginé jusqu’ici. Des virologues américains ont, ces derniers temps, isolé chaque semaine une bonne douzaine de virus encore inconnus dans l’intestin de l’homme. 80 % des hommes sont porteurs, en permanence ou passagèrement, de virus de la polio dans leur intestin. Ces virus montrent chaque jour de nouvelles propriétés insoupçonnées.

On comprend pourquoi les spécialistes, devant cette remise en cause de leurs connaissances, considèrent avec beaucoup de réserve des mesures telles que la vaccination buccale contre la polio.