Eurythmie
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Eurythmie de la parole

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Sommaire

– Langage visible
– Caractères des différentes sonorités
– Geste vécu et modelé
– Sonorités entre elles
– Émotions
– Thérapie
– Psychisme et geste sonore
– Sculpter la parole… etc.

15 conférences Dornach et Penmenwr du 4 au 26 août 1923

Sommaire

SOMMAIRE

– PRÉFACE DE MARIE STEINER

– L’ART DE L’EURYTHMIE, Dornach, 4 août 1922
– ESSENCE ET ORIGINE DE L’EURYTHMIE, 26 août 1923

– PREMIÈRE CONFÉRENCE Dornath, 24 juin 1924 L’eurythmie, un langage visible. Afin que son art devienne l’expression même de la vie, l’eurythmistedoit pouvoir vivre son art par les forces qu’il tientde sa qualité d’homme, et celles de son individualité propre. Quand nous nous proposons de sonder la nature de l’eurythmie, nous pénétrons dans lesarcanes de la nature humaine ellemême.L’eurythmie doit être une création issue tout entière du spirituel, et dont le mouvement humain estle moyen d’expression. Tout comme le langage, quine dispose d’aucun modèle, elle doit représenter une création originale. « Aux origines était leVerbe. » Pour l’humanité proche des origines, la parole englobait l’homme entier en tant que créationéthérique. Le corps éthérique de l’homme est perpétuelle mobilité; ses formes en mouvement sefont et se défont; nous ne pouvons les atteindreque si nous donnons forme sonore à ce qui constitue le langage. La morphologie du larynx et de sesorganes annexes préfigure les formes sonores quien sortent. En prononçant un mot, nous produisons une formation aérienne déterminée. Si, lorsque nous récitons l’alphabet entier, toutes les formes aériennes devenaient visibles, nous obtiendrions la forme du corps éthérique humain. Ce dernier renferme les forces de la croissance, de la nutrition et de la mémoire; nous les communiquons aux formations aériennes pendant que nous parlons. Ainsi naissent les mots. L’être humain éthérique est la parole qui embrasse l’alphabet tout entier. Par le langage naît l’homme éthérique. Chaque fois que retentit un mot, c’est une partie de l’homme qui se fait entendre. Dans l’univers, il n’y a rien qui ne puisse être exprimé par l’homme. Dans le larynx en activité, l’homme éthérique en devenir apparaît sous forme aérienne. Des paroles prononcées sont toujours des parties de la naissance de l’homme éthérique. Le langage révèle une activité créatrice qui jaillit des profondeurs de la vie universelle. La parole est en rapport avec l’origine de l’homme. Connaître l’homme commence par l’étonnement, par le a. Le b est une enveloppe de l’homme. Toutes les sonorités renferment un aspect de l’être humain; arrivés à , nous avons la sagesse de l’homme. L’aspect affectif du psychisme est représenté presque dans sa totalité par I O A. Ces possibilités de mouvement sont celles qui, en se figeant, donnent la forme humaine physique. La forme faite procède du mouvement, elle vient des archétypes qui s’engendrent et se succèdent perpétullement. Le mobile ne naît pas de l’immobile, c’est le contraire qui se produit. Quand Dieu eurythmise, il en résulte la forme humaine. Tout art provient du divin, mais du fait que l’eurythmie se sert de l’homme comme d’un instrument, la relation de l’être humain et de l’essence de l’univers apparaît le mieux dans toute sa profondeur.

– DEUXIÈME CONFÉRENCE Domach, le 25 janvier 1924 Le caractère des différentes sonorités Les consonnes, imitation des phénomènes extérieurs les voyelles, expérience intérieure ;elles se situe entre l’élément vocalique et l’élément consonantique par sa relation avec l’haleine qui est en partie vécue à l’intérieur, et en partie s’échappe audehors. La langue originelle. L’essence des différentes sonorités.

– TROISIÈME CONFÉRENCE Dornach, 26 juin 1924 Le geste vécu et te geste modelé. Le contenu affectif des sonorités : r, a, e, u, ei; b, c, d, f, 1, m, n,i. La manière est décrite dont le geste vécu peut secouler dans le geste modelé par l’eurythmie.

– QUATRJÈME CONFÉRENCE Dornach, 27 juin 1924 Les sonorités en relation les unes par rapport aux autres. Les anciens mystères dévoilaient l’essence intérieure des sonorités. Diversité des langues l’allemande par exemple est un sculpteur, la hongroise est chasseresse. L’eurythmie est un langage qu’on peut comprendre dès que le sentiment est réceptif et libre de partipris. Les sonorités sont les composantes élémentaires de l’eurythmie ; il faut surtout veiller à bien traduire en eurythmie le passage d’une sonorité à l’autre. L’eurythmie permet de connaître de l’intérieur les intentions du génie d’une langue, et de ressentir en profondeur l’essence des mots. Le russe suit à la trace l’essence de sa langue. Le français se déplace en la devançant. En partant de l’essence cachée dans chaque parole et qui se révèle, on peut accéder à la logiqueinterne inhérente au langage. Cette logique révèle lecaractère d’un peuple.

– CINQUIÈME CONFÉRENCE Domach, 30 juin 1924 Le contenu affectif de l’âme en poésie Passer de l’aspect uniquement sonore à l’aspect logique ou affectif de ce qui est dit. L’accentuation. Point d’interrogation, d’exclamation; gaieté, intelligence, connaissance, forte affirmation de soi, mégalomanie, insatiabilité, ferveur, amabilité; communication, tristesse, désespoir. Par ces gestes, les formes eurythmiques plastiques expriment les états d’âme.

– SIXIÈME CONFÉRENCE Dornach, 1 juillet 1924 Caractère de différents états émotifs. La couleur, contenu de l’âme Le geste animique qui imprè gne l’être humain tout entier et engendre son at mosphère intérieure doit être recréé. Recueille ment, atmosphère solennelle. Les trois catégories du psychisme : pensée, sentiment, volonté. L’intimité d’un poème est révélée par la façon de se servir du langage. Les poètes didactiques à ten dance épique préfèrent la sonorité e. La poésie lyri que se sert de a o u. Les consonnes se multiplient quand le poète développe principalement le côté volontaire ; lignes droites et courbes. La couleur du costume est une allusion aux sonorités. On ne peut pénétrer une sonorité que quand on en a un senti ment coloré. La couleur est le contenu de l’âme fixé dans le monde extérieur. Chaque homme pos sède une couleur fondamentale.

– SEPTIÈME CONFÉRENCE Dornach, 2 juillet 1924 Sculpter la parole Ce qui est modelé par le langage et qui se déverse dans la sonorité doit prendre une forme visible. Le geste aérien qui forme la parole est reproduit et devient visible : Les sonorités consonantiques confèrent un caractère sculptural. Les sifflantes s’adaptent au monde extérieur. Par les occlusives, l’être humain maîtrise le monde extérieur, l’intérieur est l’élément dominant. La li quide sonore et la vibrante traduisent l’agitation intérieure. Les diphtongues sont ce qui permet le mieux d’étudier le passage d’une sonorité à l’autre on prend la première moitié de l’une et la seconde partie de l’autre; nous soudons les constituants en les empêchant de se développer entièrement. La diphtongue n’admet pas les contours fermement tracés là où elle est l’élément dominant, le mot est riche de correspondances. Lorsque la vision d’une chose a quelque chose d’indécis, les voyelles infléchies apparaissent. L’eurythmie peut exprimer ce qu’a de profond la substance des sonorités. Le feu dionysiaque jaillit de j, e, a et o appellent au calme, à la forme apollinienne.

– HUITIÈME CONFÉRENCE Dornach, 3 juillet 1924 Le mot porteur du sens et le mot agent de relations Nous distinguons aussi parmi les sonorités celles qui descendent davantage vers le monde physique et celles qui élèvent la parole vers le monde spirituel. Une sonorité infléchie qui n’a pas de contours précis permet déjà d’accéder au spirituel. Par la manière dont elles se révèlent, les diphtongues correspondent à un sentiment de nature beaucoup plus spirituelle que les sonorités qui les constituent. Ce qui dans le langage laisse transparaître un reflet du spirituel ne se trouve pas là où la sonorité est fortement accentuée, mais où les sonorités passent de l’une à l’autre. Double caractère du mot : d’une part, il veut imiter le monde extérieur, de l’autre il veut insérer ce dont il est l’expression dans l’ordonnance générale de l’univers, faire apparaître clairement la relation d’un phénomène ou d’une chose avec l’ensemble, pénétrer dans les rapports donnés par le mot et qui le dépassent. Les pronoms personnels et leurs formes.

– NEUVIÈME CONFÉRENCE Domach, 4 juillet 1924 La forme artistique du langage La marche est le déroulement d’une impulsion volontaire. Trois phases : lever le pied, le porter, le poser. Lever : nous sommes en présence de l’impulsion volontaire proprement dite; porter : de la pensée qui s’exprime dans l’impulsion; poser : de l’action, l’acte volontaire achevé. La marche rythmée, la langue poétique et la prose. Le langage se situe à michemin entre la pensée et le sentiment, conformément à sa nature. Les hommes d’une époque ancienne de l’évolution écoutaient intérieurement lorsqu’ils éprouvaient un sentiment, percevaient des paroles intérieures. Ils ne pensaient pas de façon abstraite, mais entendaient parler en eux. Notre sentiment intériorisé n’existait pas non plus ; la vie psychique était en liaison étroite avec la configuration intérieure des mots et des sons. Le langage, la pensée et le sentiment se sont développés à partir de la récitation intérieure. De cette récitation sortirent d’une part le langage qui garda tout d’abord sa forme artistique, et d’autre part la musique, le son sans paroles. Le troisième élément qui s’en sépara fut la pensée proprement dite. Nous n’avons plus le sens d’une langue modelée, artistique, à cause du prosaïsme de notre pensée abstraite liée au matérialisme. L’eurythmie doit développer ce sens. Il faut qu’il sente l’iambe et le trochée qui donnent à la marche son caractère particulier : le rythme iambique lui confère celui de la volonté, le trochée celui de la pensée. L’anapeste modèle le langage d’une façon plus intime, par le sentiment; il spiritualise la parole. En développant le trochée, on obtient le dactyle qui dicte, raconte, témoigne, ce que fait voir le déroulement dans le temps et dans l’espace. Par les formes spatiales on entre plus facilement dans la poésie du langage que par la récitation et la déclamation. L’art de la parole doit toujours tendre à parler réellement à l’imagination. Le modelage de la parole s’appuie sur la faculté de trouver des images intérieures. La sonorité en tant que telle est toujours l’image de ce qu’elle veut désigner; sentir cela, c’est se rendre capable de sentir les images poétiques. Métaphores, synecdoques. Marcher vers le fond de la scène s’élever vers quelque chose de plus général ; vers la rampe : entrer dans le particulier ; vers le côté dialogue, car il est composé de métaphores par la parenté de deux choses représentées.

– DIXIÈME CONFÉRENCE Dornach, 7 juillet 1924 L’être humain et les formes de l’eurythmie Jusqu’ici, nous avons caractérisé le geste eurythmique par rapport au langage sonore. Nous allons développer les possibilités de formes et de mouvements qui existent dans la nature humaine. Douze gestes, dont la totalité représente l’être humain dans son entier. Ils décomposent l’homme en ses éléments, et le recomposent dans le zodiaque. Attitudes et formes expriment les aptitudes humaines. Nous passons des gestes statiques, des attitudes, aux mouvements qui représentent les virtualités intérieures d’action et dont l’origine est planétaire. Il y en a sept, et ils résument l’animalité dans l’humain. Les dixneuf possibilités de sonorités : les consonnes proviennent du zodiaque, les voyelles de la ronde des planètes. Par les gestes de l’homme et ses possibilités de se mouvoir s’exprime un élément cosmique. Et ce que dit le ciel. est en réalité l’essence de l’homme. En imitant le cortège desastres par la connaissance spirituelle, l’eurythmie parvient à renouveler ce qui fut la danse sacrée des anciens mystères.

– ONZIÈME CONFÉRENCE Dornach, le 8 juillet 1924 Comment se familiariser avec les gestes et les formes. L’élément spirituel de la parole réside essentiellement entre les sonorités. L’esprit est là où on passe de l’une à l’autre. Pour cela, il faut intérioriser les mouvements et les formes. L’essence spirituelle qui est à l’arrièreplan des unes et des autres doit descendre dans le modelage eurythmique des sonorités. Exercices qui utilisent le déplacement en cercle et le geste spirituel du zodiaque et des planètes. Ils aident à intégrer à l’organisme humain le mouvement et les postures eurythmiques.

– DOUZIÈME CONFÉRENCE Domach, le 9 juillet 1924 Influence thérapeutique des formes et des mouvements sur l’être moral et psychique sur la totalité de l’homme Les nombres douze et sept placent devant nous des impulsions morales qui s’expriment en gestes statiques ou dynamiques. Et ce qui s’extériorise ainsi retentit à son tour sur l’être humain ; les effets curatifs de l’eurythmie viennent de là. Certains exercices pratiqués dans l’enfance sont particulièrement efficaces dans le domaine moral et psychique. Nous choisissons ceux dont la forme et le contenu proviennent d’états affectifs et qui retentissent à nouveau sur ces derniers. Exercice « ich und du » excellent en pédagogie; danse de la paix danse de l’énergie. Spirale.

– TREIZIÈME CONFÉRENCE Domach, 10 juillet 1924 L’atmosphère psychique inspirée par le geste sonore Mouvements eurythmiques de caractère alléluia. Evoé. Ironie malicieuse. Emploi de la forme pour la disposition des vers. Dans certains lieux de mystères, la poésie naquit du geste et de la forme. La forme en mouvement et le geste eurythmique précédèrent la composition du texte poétique. La vraie poésie contient toujours l’eurythmie ; c’est comme si le poète faisait d’abord les gestes et mouvements eurythmiques dans son corps éthérique. Le lien intime entre eurythmie et langage vient de là. Application à l’accélération et au ralentissement du rythme.

– QUATORZIÈME CONFÉRENCE, Dornach, le 11 juillet 1924 Ordre des mots. Structure de la strophe Pour comprendre intérieurement l’art de la parole, il faut agencer les mots en accord avec la pensée ; il faut en tenir compte dans la représentation eurythmique. Il faut distinguer les substantifs, les adjectifs, les verbes, les mots relatifs, etc. et leurs particularités. Nous devons accorder une importance parti culière aux interjections. Exemple de construction du quatrain. L’eurythmiste peut pénétrer plus intimement dans les mystères de l’être humain par la méditation qui lui est proposée.

– QUINZIÈME CONFÉRENCE Dornach, 12 juillet 1924 Par l’eurythmie, le corps devient âme La sonorité confère la fermeté intérieure. Le y est une enveloppe mobile, c’est la sonorité qui appelle naturellement l’allitération. Mouvement et forme d’ensemble dans l’allitération. Rester debout et se déplacer, leur différence on est image si on ne marche pas; on veut être quelque chose quand on marche. La poésie veut exprimer le plus souvent ce qui vit, ce qui est, et non ce qui signifie. Relation du corps humain avec la totalité de l’être universel; les pieds sont tout à fait adaptés à la terre ; bras et les mains manifestent la vie de l’âme. Or, l’eurythmie révèle principalement le psychisme, c’est pourquoi les mouvements des mains et des bras sont l’essentiel ; la tête est là pour le spirituel et on se sert d’elle de diverses manières qui conviennent à son organisation. Il est toujours possible d’utiliser l’un ou l’autre des douze gestes zodiacaux et des sept gestes des planètes. Exemple de la rime. L’exercice harmonisant : je pense la parole. L’analyse minutieuse de ce qu’on veut représenter en eurythmie est indispensable ; c’est plus important de penser aux sonorités que seulement au sens. Ce n’est qu’après avoir vécu intérieurement un poème par ses sonorités qu’on peut l’interpréter en eurythmie. Mouvement, sentiment, caractère. Dans l’eurythmie, Pâme doit apprendre à vivre totalement dans le corps ; le corps tout entier doit être devenu âme.

Format Relié - 350 pages
GA 279
Traducteur Gudrun Cron, Gabrielle Wagner
ISBN 2881892043